Visioconférence Mardi 2 Mars 2021 18h 20h “La dette publique”Précis d’économie citoyenne

VISIOCONFERENCE Zoom

“La dette publique”

Précis d’économie citoyenne
Mardi 2 Mars 2021 18h 20h

 

Un traité d’économie citoyenne qui tombe à pic. Après le choc de la crise économique enclenchée en 2020, l’explosion de la dette publique sera au cœur des débats de politique économique.
Les auteurs déconstruisent les idées reçues les plus tenaces sur ce sujet : la dette publique est un fardeau pour les générations futures ; la France vit au-dessus de ses moyens, etc.

Ce faisant, ils produisent un petit manuel sur le budget de l’État, les modalités de son financement, les limites et les erreurs d’interprétation du ratio dette/PIB, la distinction entre bonne et mauvaise dette, la façon dont la dette publique enrichit les riches ou peut être utilisée comme un instrument de domination.
Ils explicitent aussi les moyens qui permettraient aux États d’affronter la récession en évitant le retour contreproductif des cures d’austérité : restructuration et monétisation de la dette, sortie de la dépendance aux marchés financiers et nouveau rôle de la Banque centrale, réforme fiscale redistributive et écologique, politique budgétaire au cœur de la transition écologique. Ces propositions, soumises au débat citoyen, entendent faire de la dette publique un instrument au service du bien commun.
Les auteurs :
Eric Berr (université de Bordeaux), Léo Charles (université Rennes 2),Arthur Jatteau (université de Lille), Jonathan Marie (université Sorbonne Paris Nord) et Alban Pellegris (université Rennes 2) sont membres des Économistes Atterrés. (Livre collectif Editeur Seuil)

Intervenants :
Eric BERR, économiste
Michel CABANNES, économiste membre du Café Economique de Pessac

Le lien de connection Zoom vous sera communiqué très prochainement !

Le bureau

Visioconférence Mardi 23 février 18h 20h “La monnaie en temps de pandémie et de crise du capitalisme”

 VISIOCONFERENCE Zoom 

 

Mardi 23 Février 2021 18h 20h
“La monnaie en temps de pandémie et de crise du capitalisme”

 

L’année 2020 restera dans les mémoires. La pandémie du Covid-19 a surgi sur fond de crise sociale et écologique du capitalisme de longue haleine. Obligeant les États et l’Union européenne à se lancer dans des plans de soutien à l’économie nouveaux par leur ampleur. Parallèlement la Banque centrale européenne, à l’instar des autres grandes banques centrales dans le monde, a mis à zéro ses taux directeurs et racheté une montagne de dettes publiques et privées. Cet argent nouveau augure-t-il d’une remise en cause des dogmes monétaires qui prévalaient jusqu’ici ? Ce n’est pas sûr, mais le débat est lancé : annulation de la dette publique, financement direct des dépenses publiques. Ce qui était impossible le devient-il ? Jean-Marie Harribey, Le trou noir du capitalisme, Le Bord de l’eau, 2020

 

Intervenants :

  • Jean-Marie Harribey, économiste
  • Michel Cabannes, économiste (membre du café économique de Pessac)

 

Le bureau

Visioconférence Mardi 12 Janvier 2021 18h20h « Mondialisation, fraude fiscale et délinquance financière »

 

VISOCONFERENCE
Mardi 12 janvier 2021 18h 20h

« Mondialisation, fraude fiscale  et délinquance financière »

 

La fiscalité est un outil au service des gouvernements pour conduire leurs politiques que ce soit en matière économique, sociale ou familiale et satisfaire (ou pas !!!) les besoins des populations.

Le système déclaratif français nécessite l’organisation de contrôles afin de vérifier que les obligations de chacun sont respectées.

Propres à chaque époque, les moyens affectés à ces contrôles doivent être adaptés au contexte économique et politique de l’économie mondialisée au XXIème siècle.

 Intervenants :

  • Michel Fourcade, Inspecteur des finances publiques
  • Michel Cabannes, Economiste, Maitre de conférences

A très vite !

Belle et heureuse année 2021 !

Le bureau

 

Chronique “Le néolibéralisme et l’érosion démocratique”

Chronique Décembre 2020
Le néolibéralisme et l’érosion démocratique

Michel Cabannes, économiste 

Alors que l’aspiration à la démocratie inspire de nombreux mouvements  dans le monde,  ce régime  subit pourtant actuellement dans nos pays une érosion si on en juge par le discrédit du politique, la fracture entre le « peuple » et les « élites », l’essor du populisme et l’apparition de « l’illibéralisme ». On peut s’interroger à cet égard sur la responsabilité du projet néolibéral qui oriente la vie économique depuis quatre décennies.

Le néolibéralisme, forme actuelle du libéralisme économique,  est le mode de gestion du  capitalisme qui vise à libérer les forces du marché des contraintes collectives. Cela inclut la déréglementation, les privatisations, la libéralisation des échanges et de la finance internationale ainsi que  la réduction des budgets publics et sociaux. Il implique  des interventions publiques, mais qui sont au service du marché, utilisé comme principe d’ordre de la société.

Le néolibéralisme actuel contribue à dégrader la démocratie par plusieurs canaux.

  • Il est nécessairement réducteur de la souveraineté du peuple (I).
  • Il est potentiellement source d’autoritarisme (II).
  • Il est destructeur des conditions sociales de la démocratie(III).
  • Il est facteur de fragilisation de la démocratie (IV).

I.Le néolibéralisme, nécessairement réducteur de souveraineté du peuple.

Le néolibéralisme implique des mécanismes de marché contraignant les politiques des États et des mesures institutionnelles déconnectant  les décisions des influences populaires.

– La mondialisation commerciale contraint les politiques en imposant l’objectif de compétitivité tandis que  la mondialisation financière soumet les politiques à l’appréciation des marchés financiers. Dani Rodrik a mis en évidence le triangle d’incompatibilité : on ne peut combiner la globalisation poussée, la souveraineté des États et la démocratie. Il faut se souvenir que la libéralisation a été décidée par les États eux-mêmes dans les années 1980 ! La contrainte des marchés est voulue par les néolibéraux : « Si une liberté voit son champ rétréci, c’est celle de conduire des politiques irresponsables (…). Les marchés veillent. Le droit à l’erreur n’existe plus » (Michel Camdessus).

– Des dispositions institutionnelles viennent s’ajouter. Les normes budgétaires des traités de l’Union européenne (déficits et dette) encadrent les budgets nationaux. « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » (Jean-Claude Junker). Dans les accords commerciaux récents, les multinationales peuvent attaquer les États devant les tribunaux d’arbitrage.

– Certaines dispositions nationales éloignent les instances de décision des pressions populaires. C’est le cas de l’indépendance des banques centrales vis-à-vis des pouvoirs politiques nationaux et de la tendance au renforcement du pouvoir exécutif par rapport au pouvoir législatif.

– Tout cela signifie un biais anti-démocratique structurel. La configuration économique des politiques néolibérales  se rapproche de celle du seul marché et s’éloigne de celle des préférences de la majorité politique: la répartition des revenus est plus inégalitaire, le niveau de chômage plus élevé, la répartition territoriale des activités plus concentrée. Non seulement ces politiques ont un biais pro-capital inéluctable au nom de l’attractivité et de la compétitivité, mais elles sont aussi normalisées, relativement insensibles aux résultats des élections,  souvent éloignées des promesses électorales et  indépendantes de l’alternance entre les gouvernements de gauche et la droite. Tout cela ne peut être sans conséquences sur les réactions des citoyens !

II.Le néolibéralisme, potentiellement source d’autoritarisme.

On redécouvre que le libéralisme économique ne va pas nécessairement de pair avec le  libéralisme politique et qu’il est très compatible avec l’autoritarisme politique.

– Karl Schmidt préconisait une synthèse de libéralisme économique et d’autoritarisme politique (un « libéralisme autoritaire » d’après son détracteur  Hermann Heller) dans un discours au  patronat allemand en 1932. Il déplorait que la démocratie conduise à un État providence obèse du fait de sa faiblesse face aux pressions sociales (Grégoire Chamayou). Les fondateurs allemands de l’ordo- libéralisme partageaient cette critique et évoquaient des limites à la démocratie sans aller jusqu’aux prescriptions de Schmidt (avant qu’il se rallie au nazisme).  En 1975, le rapport pour la Commission Trilatérale « La crise de la démocratie » (Samuel Huntington, Michel Crozier et Joji Wanatuki) regrettait l’excès de démocratie comme facteur de fragilisation de l’État : « Des groupes sociaux marginaux, les Noirs par exemple, participent maintenant pleinement au système politique. Et le danger demeure de surcharger le système politique d’exigences qui étendent ses fonctions et sapent son autorité ».  Il demandait de limiter l’extension de la démocratie : « Nous en sommes arrivés à reconnaitre qu’il y a des limites potentiellement désirables à la croissance économique. Il y a aussi des limites potentiellement désirables à l’extension indéfinie de la démocratie ».

– L’autoritarisme a marqué la mise en place du néolibéralisme aux États-Unis avec la  répression des  actions syndicales dans les entreprises dès les années 1970. Il  s’est accentuée dans les années 1980 après l’arrivée au pouvoir de M. Thatcher et de R. Reagan, qui ont infligé deux grandes défaites du mouvement salariés (grève des mineurs et  des transports aériens respectivement). Le cas extrême fut celui de la dictature Pinochet au Chili qui appliqua une politique économique ultra libérale avec la bénédiction de Milton Friedman et de Friedrich Hayek.

–  Le degré  d’autoritarisme est une fonction croissante du degré de libéralisme économique. « Je crois que si l’on voulait à l’époque moderne avoir un système économique libéral  tel que le souhaiteraient M. Von Hayek et J. Rueff, il faudrait la dictature politique » écrivait Raymond Aron (1952).  Dans le cas d’un néolibéralisme modéré, l’autoritarisme dépend de l’ampleur des contestations des réformes et du  degré de fermeté du gouvernement pour  les appliquer.  En France, la force des mouvements et le maintien du cap des réformes par Emmanuel  Macron expliquent la dérive  autoritaire actuelle (attitude face aux « gilets jaunes », lois restrictives de la liberté d’expression).

III. Le néolibéralisme, destructeur des conditions sociales de la démocratie.

– Le néolibéralisme a renforcé  la domination sociale, sapant le fondement égalitaire de la démocratie

D’une part, il a créé deux machines efficaces pour  discipliner le salariat : la contrainte extérieure par l’impératif de compétitivité et la contrainte financière par l’impératif de rendement actionnarial (Frédéric  Lordon). La libéralisation des marchés et de la finance a subordonné la gestion des firmes et donc celle du travail au maintien de la rentabilité financière. Les années 1980 ont vu la revanche des détenteurs de capitaux et le début de la réduction du pouvoir syndical dans les entreprises.

D’autre part, ces politiques ont aggravé la fracturation sociale de la société. La libéralisation a aggravé les inégalités de revenu et de patrimoine, surtout dans les pays anglo-saxons (Thomas Piketty) sous l’effet de la financiarisation et de la mondialisation, mais aussi la fracture entre les gagnants et les perdants de la mondialisation ainsi que la fracture entre les  territoires.

– Le néolibéralisme a dégradé la qualité des relations sociales, importante pour la démocratie.

D’une part, il a contribué à mettre en cause les collectifs organisés. « Le néolibéralisme est un programme de destruction des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur (..): nation (..), groupes de travail (…), collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives, familles même » (Pierre Bourdieu). D’autre part, il produit un enrôlement des comportements individuels dans le tourbillon de la compétition au sein du secteur marchand et  aussi du secteur non marchand.  Il tend à substituer « l’homo economicus » à « l’homo politicus », généralisant la logique économique à toutes les sphères de la vie sociale (Wendy Brown). Il produit également une injonction à l’adaptation permanente (Barbara Stiegler).

IV.Le néolibéralisme, facteur de fragilisation de la démocratie.

– Le néolibéralisme est à l’origine de la fracture politique entre le « peuple » et les « élites ».

La domination sociale et l’aggravation des disparités sociales favorisent la capture du jeu politique par les puissances économiques, accentuée par la fusion des intérêts privés et publics (va et vient entre les deux secteurs) et par le financement privé de la politique. Cela provoque un sentiment d’exclusion de « ceux d’en bas » par rapport à « ceux d’en haut », une défiance du peuple envers les milieux dirigeants. De plus, comme les élections n’apportent pas de solution aux mécontentements du fait d’une continuité des choix publics indépendamment des couleurs politiques des dirigeants,  cela alimente la crise de la démocratie représentative, avec notamment une tendance à l’abstention dans les milieux populaires et chez les jeunes. Un cercle vicieux peut s’établir entre les politiques néolibérales et la fracture démocratique : les premières dégradent la situation sociale, d’où la défiance populaire qui favorise la capture des politiques par les puissances économiques, ce qui accentue les politiques néolibérales (J-F. Spitz).

– Cette fracture alimente la  dérive populiste notamment aux États-Unis  (Trump), au Royaume Uni (Brexit), au Brésil (Bolsonaro) et sur le continent européen (partis d’extrême droite) ainsi que la dérive illibérale (Hongrie et Pologne notamment).  Des dirigeants de droite détournent les frustrations populaires vers des bouc-émissaires (les minorités, les étrangers) en s’appuyant sur plusieurs ressorts : les réactions identitaires et nationalistes liées aux effets économiques et culturels de la mondialisation, la défiance vis-à-vis des partis de la gauche de gouvernement dûe à leurs concessions au néolibéralisme et  les progrès de l’individualisme et de l’irrationalité qui portent atteinte aux valeurs citoyennes.

Au total, la défense de la démocratie reste un défi à l’ordre du jour  dans nos pays qui disposent pourtant d’une longue expérience démocratique institutionnalisée. Cela suppose de rompre avec les mécanismes économiques (le primat des marchés) et institutionnels (les normes imposées) qui ont conduit depuis plusieurs décennies à déconnecter les politiques suivies de la souveraineté populaire.

Pour y parvenir,  il est possible de s’appuyer sur l’aspiration majoritaire des peuples à étendre et à renforcer la démocratie à divers niveaux (local, national, européen).

Michel Cabannes, économiste, intervenant au Café Economique de Pessac

Chronique “Relance(s), emploi, cohésion sociale : où en sommes-nous ?”

Notre débat prévu le Mardi 15 décembre 2020 sur le thème
“Relance (s), emploi, cohésion sociale : où en sommes-nous ?”
vous est présenté sous forme de chronique
par Jean Luc GIBOU, intervenant

 

Les  spécificités de cette crise tiennent tout d’abord aux différences avec la crise de 1929 et celle des subprimes en 2008, qui ont des origines financières voire économiques.

Elle résulte d’une épidémie, devenue pandémie et qui, traitée avec retard aboutit à une véritable « crise sanitaire », que les politiques d’austérité sur la santé menées ces dernières années n’ont pas permis de réguler.

II s’en suit la mise sous cloche des économies, par le confinement, sous l’impulsion et l’autorité des pouvoirs publics, qui entraîne un blocage de l’économie réelle ; il en résulte une récession, que l’on n’avait pas connue depuis la fin de la guerre. Elle affecte différemment les pays riches et les pays pauvres. Ces derniers ont fait les frais de l’effondrement du cours des matières premières, notamment le pétrole auquel il faut ajouter la baisse des revenus du tourisme, des exportations de matières premières, des travailleurs immigrés des pays riches, ainsi que la réduction des flux de capitaux, et la hausse du dollar.

Tous ces facteurs ont contribué à une situation dramatique des pays pauvres, dont certains connaissent un endettement nécessitant des aides d’urgence. Dans les pays avancés, la récession a été très forte, dont l’ampleur pour 2020 est évaluée à 8-9 %, ce qui pose au passage le problème de l’utilisation d’indicateurs statistiques appropriés à la période.

Les pays développés ont été contraints d’assouplir les restrictions imposées aux politiques budgétaires, y compris dans la zone euro. Les mesures de soutien budgétaire ont été différentes selon les pays. Ainsi en juin 2020, elles représentaient 16 % du PIB des USA, 47% du PIB allemand, 21% du PIB français, 35% du PIB italien et 15% du PIB espagnol. Notons l’importance apportée par la France et l’Italie pour la préservation du lien issu du contrat salarial et ce, par le recours massif au chômage partiel, à l’instar de l’Allemagne en 2008.

Il s’agit donc bien d’une triple crise à la fois sanitaire, économique et sociale.

Dans un premier temps, nous allons tenter de voir en quoi les différentes réponses en tiennent compte, au-delà de l’urgence, à travers les politiques dites de relance et leurs limites. Dans un deuxième temps, nous tenterons d’en  décrypter  les enjeux majeurs que sont l’emploi et la cohésion sociale. Dans un troisième temps, nous questionnerons  le rôle et la place des acteurs sociaux. Enfin, nous tenterons d’explorer quelques voies de sortie.

I.Relance(s) : acte I et après… La relance est-elle le  bon terme ?

On pourrait penser qu’il s’agit de revenir à ce qui était “avant” et au-delà de la « 1ème vague » Comment  faire repartir l’économie ? Avec qui et comment ?

Cette ” crise sans précédent ” [1] génère des réponses nouvelles. Pour cela, deux niveaux sont pris en compte : le niveau européen, et le niveau national.

Dans un premier temps,  l’UE a mobilisé une enveloppe de 540 Md€ sur son budget pour contribuer au financement par les Etats de leurs plans d’urgence.

Cette enveloppe est dotée de trois composantes :

  • Une ligne budgétaire de 240 Md€ dite PCS (Pandémic Crisis Support) affectée au Mécanisme Européen de Solidarité, à laquelle aucun pays en août 2020 n’avait eu recours.
  • Un fond de garantie des prêts des Etats d’un montant de 200 Md€.
  • Un fond dit SURE (Support to mitigate Unemployment Risks in an Emergency) de 100Md€ de prêts aux Etats pour financer leur système de chômage partiel.

Ces trois mesures sont les seules aides, distribuées exclusivement sous forme de crédits et non de subvention, en sachant que les premiers versements du budget pluri-annuel de l’UE et des plans de relance européens ne seront disponibles pour les Etats avant le 1er trimestre 2020, si leur plan de relance n’est contesté ni par la Commission, ni par les Etats.

Le 21juillet 2020, le Conseil Européen réussit, après cinq  jours de négociation, d’obtenir le fameux accord unanime sur son plan de relance, qui a été ratifié par le Parlement européen.

Si le contrôle souple a bien été admis pour la conditionnalité des fonds, il n’est pas de même pour le respect du critère de « respect de l’Etat de droit », toujours mis en cause par les régimes « illibéraux » de Hongrie et de Pologne.

Le plan de relance européen, d’un montant de 750 Md€ est incorporé dans un projet de budget pluriannuel de l’UE (2021-2027) dont l’essentiel (672,5 Md€) est inscrit dans un programme spécifique dénommé « Facilités pour la reprise et la résilience » qui comprend 360 Md€ de prêts et 312,5 Md€ de subventions.

Les subventions devront être engagées pour 70% d’ici la fin 2023, dont 70% au moins en 2021-2022. Les plans de relance nationaux,  pour être validés par la Commission, devront renforcer la croissance potentielle, soutenir l’emploi et la résilience économique et sociale des Etats-membre et contribuer à la transition verte et numérique. Des plans de relance voient le jour. Ils apparaissent de montants plus faibles par rapport aux mesures d’urgence.

Ainsi, les 130 Md€ du plan de l’Allemagne, voté dès juin 2020 en comparaison du montant de mesures d’urgence (1500 Md€) ; il en est de même pour la France avec 455 Md€ de plan d’urgence et 100 Md€ de plan de relance.

Ce dernier comporte trois grands axes :

  • Ecologie(30Md€) dont notamment la rénovation des bâtiments publics et des logements privés, les infrastructures et la mobilité verte, les technologies vertes  puis la décarbonation de l’industrie, la transition agricole.
  • Compétitivité (34Md€) avec 20Md€ pour la fiscalité des entreprises puis les aides aux fonds propres et divers soutiens sectoriels (automobile et aéronautique) et horizontaux.
  • Cohésion (36Md€) dont la sauvegarde de l’emploi, activité partielle de longue durée (7,6 Md€), jeunes (8 Md€), recherche  (2,7Md€), Ségur de la santé et dépendance (2, 96 Md €), coopération sanitaire et vaccins (6 Md€ ).

Notons  tout d’abord que ce plan a des effets importants sur un certain nombre de secteurs, plus particulièrement l’automobile par le truchement d’une grande partie des mesures écologiques, ainsi que des mesures horizontales de compétitivité.

Ensuite, la baisse des impôts sur la production, dans l’axe “compétitivité”, de 20Md€, ont des effets défavorables sur les ressources des collectivités locales compensés  par un prélèvement sur la TVA ; alors que la baisse de l’impôt sur les sociétés est maintenu  et qu’une quelconque conditionnalité à ces aides n’a été envisagée.

Notons qu’un cinquième du plan de relance n’est pas financé par l’Etat, mais aussi par les administrations de la sécurité sociale, BPI France et la Banque des Territoires.

En comparaison avec l’Allemagne, on peut dire que le plan français est consacré pour 30% à la lutte contre la crise à court terme et 70% à la reconstruction économique à court-moyen terme,  alors que nous sommes dans une proportion inverse pour l’Allemagne.

Les marchés financiers se sont bien tenus et “l’épargne forcée” des ménages, que ces derniers n’ont pas pu dépenser pendant le confinement, ne sera pas pour autant le “trésor caché” qui soutiendra la reprise.

La reprise est probablement plus difficile que ce que prévoit un certain consensus des experts en mars 2020 .

 II.Deux enjeux majeurs : l’emploi et la cohésion sociale

La dégradation des indicateurs sur l’ emploi et le chômage, mais aussi le type de réponses des pouvoirs publics, illustrent la nature de la période.

Ainsi dès le premier jour du confinement, le 17 mars, les entreprises se séparent de leurs salariés en contrat court (intérim, CDD, temps partiels …), 500 000 emplois avaient disparu à la fin du premier trimestre 2020.

Pendant le confinement, la situation se calme grâce au recours massif et rapide au dispositif d’activité partielle (ou chômage partiel), qui rémunère 70% du salaire brut (84% du salaire net) sur les heures chômées.

Ce dispositif a concerné 7, 2 millions de salariés dès le mois de mars, puis 8,8 millions en avril, 7,9 millions en mai et encore 4,5 millions en juin.

Cette intervention massive a coûté 19,5 Md€ aux finances publiques.

Le gouvernement décide de réduire son soutien à partir du 1er juin, il ne rembourse plus que 85% aux entreprises de ce qu’elles versent aux salariés. Les destructions d’emplois reprennent lentement (120 000 au 2ème trimestre). Le gouvernement a choisi de maintenir le dispositif existant en le rendant moins « généreux » à partir du 1er octobre.

Ainsi, le salarié ne touche plus que 72% du salaire net (contre 84% pendant le confinement) et l’Etat ne remboursera que 60% de ce que les entreprises versent aux salariés (contre 100% initialement).

En plus de ce dispositif, l’exécutif en a imaginé un nouveau, l’activité partielle de longue durée (APLD), destinée aux secteurs touchés dans la durée comme l’aéronautique ; il sera plus “généreux ” que l’AP sur le montant du remboursement des heures chômées (reste à charge de 10 à 14% pour l’employeur), mais sera limité sur le volume d’heures (40% d’un temps plein).

Globalement, 700 000 emplois ont été détruits entre entre le 1er janvier et le 1er juillet 2020.

La lutte contre le chômage n’est pas une priorité du plan français de relance, la création de 160 000 emplois est prévue, alors que 715 000 emplois ont été supprimés au cours du 1ertrimestre 2020 (-2,8% de l’emploi salarié).

Une note du 14 septembre de l’OFCE[2] estimait les destructions d’emplois à 840 000 en 2020 et que l’économie française créerait 540 000 emplois, dont 450 000 emplois salariés, avec un taux de chômage de 11%  en fin d’année 2020, qui devrait baisser à 9,6 % en fin 2021.

Ces prévisions étant largement subordonnées à l’évolution de la situation sanitaire et aux différentes restrictions qu’elle impose pour contenir l’épidémie.

Dès le début de l’été, une vague de plans sociaux arrive en cascade, notamment dans l’aéronautique (Airbus), l’automobile (Renault), le commerce (CamaÏeux) ou encore l’hôtellerie-restauration, la société Trendéo a recensé plus de 35 000 suppressions d’emplois au cours des 3 derniers mois de septembre, octobre, novembre.[3]

Fin novembre, la DARES (Ministère du Travail) dénombrait  657 restructurations engagées représentant 67 605 emplois depuis le 2 mars 2020.

Un des gros risque de la crise réside dans la probabilité d’un nombre important de faillites, donc de disparition d’entreprises, dont nombre d’entre elles étaient déjà fragiles avant la crise.

Pour diverses raisons, les fermetures et faillites semblent contenues, avec des entreprises « sous perfusion ». même si des réponses ont pu être apportées dans un premier temps (prêt, fonds de solidarité…), d’autant qu’un certain nombre de secteurs  restent   « sinistrés «, notamment le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, l’évènementiel, diverses activités commerciales et culturelles.

La cohésion sociale est mise à mal en France et en Europe.[4]

Elle est marquée par l’extension et l’accroissement de la pauvreté, de la précarité et la présence d’une violence sociale plus ou moins diffuse.

Les inégalités sont de plus en plus importantes et criantes, il apparaît selon un rapport de l’ ONG Oxfam publié le 10 septembre[5] que les 25 milliardaires les plus riches du monde ont vu leur patrimoine augmenter de 255 milliards de dollars entre mi-mars et fin mai. Les jeunes et les femmes sont les plus exposés face à la pandémie. Le taux de pauvreté des jeunes de 18 à 29 ans est passé de 8 à 13%, selon un  rapport du 26 novembre de l’Observatoire des Inégalités, qui repose la question de l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans et de l’accessibilité des jeunes aux aides sociales.[6]

III. mais aussi la place des acteurs sociaux ?

Tout d’abord, nous avons des « patronats », du dirigeant de grand groupe au patron de PME ou  TPE familiale, qui sont surtout préoccupés par l’accroissement des différentes contraintes, à la fois économiques et/ ou sociales   (y compris celles des divers protocoles sanitaires ), qui pèsent sur leurs entreprises et établissements et que leurs représentants cherchent à rendre plus “supportables” pour améliorer la productivité et la compétitivité.

Dans le même temps, les organisations syndicales de salariés devaient articuler les discussions au niveau national, crise oblige, et la mise en œuvre des nouvelles dispositions dans les entreprises.

Notons que les droits collectifs ont été amoindris en matière de représentation et d’intervention dans les entreprises, conséquences directes des ordonnances Travail de 2017.

Parallèlement, la “digue” du droit du travail  s’est assouplie depuis le début de la crise.

Mais, le 14 octobre dernier les cinq organisations syndicales représentatives, la CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, écrivent au Premier Ministre, avec copie au Président de la République,  et formulent un certain nombre d’exigences portant plus particulièrement sur plusieurs sujets :

  • l’abandon des réformes de l’Assurance-chômage et des Retraites,
  • la prise en compte du sort des salariés de « deuxième ligne », si utiles à la société,
  • les contreparties pour les entreprises, disposant d’aides publiques massives, en termes de maintien de l’emploi, de salaire et de contrôle public.

Plusieurs autres sujets vont tour à tour alimenter l’actualité.

Tout d’abord, le sujet générique, la protection sociale, qui permet de remplacer un revenu salarial (chômage partiel, assurance chômage), les minimas sociaux, mais aussi les différentes prestations de solidarité qui existaient et/ou qui ont été créées.

Ensuite, les restructurations, les plans sociaux et leurs conséquences sur l’emploi.[7]

On a assisté à une véritable accélération des restructurations où le prétexte de “sauver l’emploi” permet à l’Etat  “d’adapter” les différentes procédures aux besoins des employeurs, mais aussi  fait apparaître le Covid comme un alibi des plans sociaux[8].

La panoplie des outils existants est éloquente, depuis le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)[9], en passant successivement par le Plan de Départ Volontaire (PDV)[10], la Rupture Conventionnelle Collective (RCC)[11], l’Accord de Performance Collective(APC)[12] pour terminer avec le dernier-né, l’Accord d’Activité Partielle de Longue Durée(APLD).[13]

La RCC et l’APC sont issus des Ordonnances Travail de 2017.

Notons qu’un employeur peut néanmoins négocier avec les syndicats un APLD, et en même temps un PSE, une APC ou une RCC.

Enfin, le télétravail, dont la diffusion, qui a été privilégiée durant le confinement, a concerné jusqu’à 8 millions de français.

Notons si tous les métiers ne sont pas « télétravaillables », il n’a peut-être pas donné toutes ses potentialités positives et négatives, au regard de ses impacts économiques et sociaux.

S’il peut être un vecteur d’autonomie personnelle, il est aussi synonyme d’horaires de travail plus longs et décalés, d’isolement,  et plus globalement de difficultés à concilier la vie professionnelle et la vie familiale.

Dans le même temps, l’éclatement de la collectivité de travail et la dilution de la culture d’entreprises cassent des repères collectifs importants. Dans ces conditions, la négociation d’un cadre global est devenue vital.

Reprenant des dispositions comme l’adhésion du travailleur, sauf en période exceptionnelle et la réversibilité, avec la possibilité de retourner à son poste ; il rappelle des obligations existantes comme le droit à la déconnexion, la prise en charge des frais professionnels, la durée du travail et le temps de repos…

L’Accord National Interprofessionnel en cours de signature doit permettre d’y répondre, même s’il n’est pas affiché un caractère ouvertement «normatif », sous forme de vadémécum, l’ensemble des organisations syndicales représentatives, sauf la CGT, l’ont validé.

Quelles voies pour en sortir ?

La sortie de crise ne sera pas un « remake » des précédentes. L’articulation de l’intervention publique entre la politique sanitaire et la politique économique devient centrale.

C’est là que le gouvernement pêche, y compris en voulant prévenir une crise sociale d’ampleur, parallèlement à une « troisième vague » de contamination.

Les traces durables qui marquent le fonctionnement de notre appareil productif, tout comme notre société, implique des « réorientations ».[14]

Elles ne peuvent se résumer à un « plan » (de relance ) certe bien renseigné en termes d’axes d’intervention, de financements à mettre derrière…mais qui comporte des difficultés pour être rendu opérationnel à court-moyen terme et répondre aux besoins de la période.

On peut avancer sur plusieurs terrains en s’appuyant sur de véritables dynamiques territoriales.

  • En premier lieu, des investissements publics massifs vers les « biens communs », tout d’abord la santé avec une création massive d’emplois publics, mais aussi l’éducation et la culture.
  • Puis la transition écologique et énergétique en agissant sur la rénovation, l’isolation des bâtiments et sur la mobilité.
  • La réindustrialisation et la relocalisation des activités pour vivifier les tissus productifs.
  • La création et le maintien d’emplois par le développement des structures collectives : groupements d’employeurs, Territoire zéro chômeur de longue durée…

Le fameux “retour à la normale” n’est pas pour demain, si tant est qu’il soit souhaité et les débats macro-économiques, économiques sur l’avenir de la dette ou sur la future (ou non) austérité,  ne répondent pas à la situation.

Ils peuvent contribuer à tracer le chemin vers “quel type de capitalisme s’achemine-t-on ?”[15] et quelle y sera la place de l’Etat ? Numérique /Transnational, Capitalisme d’Etat autoritaire … à moins  de trouver une alternative vers un Etat démocratique et social.

Auteur Jean Luc GIBOU, membre du café économique de Pessac

(au centre de la photo)

 

[1] Michel Fried : » Crise du coronavirus : une crise sans précédent «

Note Lasaire  12/09/2020

[2] Le Monde du 15/10/2020

[3]Le Monde du 03/11/2020  (dossier « Crise sociale »)

[4]Le Monde du 20/09/2020

[5]Le Monde du 11/09/2020

[6]Le Monde 28 /11 / 2020

[7]Alternatives économiques Décembre 2020 (dossier « Plans sociaux : le COVID a-t-il bon dos ? Reportages dans toute la France «)

[8] Médiapart 30/11/2020 : Martine Orange « Plans sociaux : le Covid comme alibi «

[9] PSE : pour les entreprises de 50 salariés et plus, qui requiert l’information et la consultation des salariés, le plus « sécurisé » pour les salariés ( reclassement, accompagnement, formation …).

[10] PDV : plus souple que des licenciements « secs », avec des indemnités supérieures à un licenciement, peut permettre la réembauche d’autres salariés

[11]CC : se rapproche du PDV, l’entreprise n’a pas à justifier les difficultés économiques, ni à ouvrir de PSE, requiert un accord signé des syndicats majoritaires.

[12]PC : requiert également un accord signé des syndicats majoritaires et permet sans justification économique  de modifier la rémunération, le temps de travail ou de jouer sur la mobilité. Le salarié qui refuse est licencié.

[13]PLD : a la vocation à préserver l’emploi, grâce à des aides publiques versées sur des heures chômées. Il est conditionné à la signature d’un accord collectif et à des engagements de maintien de l’emploi et de formation des salariés.

[14] Journées Economie autrement Dijon 27-28/11/2020

(Séance inaugurale : « Relance : comment faire et pour quelles finalités ? « )

[15]Robert Boyer : «Comment le Covid-19 remodèle l’économie. Un pandémie , deux avenirs «

Le Monde Diplomatique Novembre 2020. « Les capitalismes à l’épreuve de la pandémie » Editions la Découverte.

“Universalité, Égalité et Émancipation(s)” Sans attendre le monde d’après ! Du Mercredi 2 au Samedi 5 décembre 2020 de 9h30 à 18h30

Dans le cadre des rencontres “Nouvelles Pensées Critiques et Actualités de Marx”

Thème : “Universalité, Égalité et Émancipation(s)” Sans attendre le monde d’après !

Du Mercredi 2 au Samedi 5 décembre 2020 de 9h30 à 18h30 en visioconférences

Nous vous invitons à l’intervention de 2 contributeurs

MERCREDI 2 DECEMBRE 2020 à 14 h

 

 Michel CABANNES, économiste, Bordeaux, (membre du café économique) « Dégradation démocratique et libéralisme économique »

Le néolibéralisme a contribué à une perte de substance des démocraties en renforçant la domination du capital au détriment de l’influence du peuple. Cela s’est opéré par la réduction du champ de la démocratie, contrainte par le marché et par des institutions, ainsi que par la détérioration des conditions sociales de la démocratie du fait de l’emprise accrue du capital sur la société, ce qui conduit à une crise de la représentation politique et à une mise en cause de la citoyenneté.

Jean-Marie HARRIBEY, économiste, Bordeaux, « Du trou noir du capitalisme aux différentes interprétations de la crise du coronavirus ».

Au moment où a éclaté la pandémie du coronavirus Covid-19 qui a obligé les gouvernements à stopper l’économie, le capitalisme mondial n’était pas au mieux de sa forme. Une crise inédite par sa multidimensionnalité était avérée. Incapable de maintenir des gains de productivité du travail élevés pour nourrir sa rentabilité, le capitalisme entraîne l’humanité dans une marchandisation généralisée des activités, des ressources et du vivant, engloutissant tout comme dans un « trou noir ». La crise sociale et écologique n’a donc rien de conjoncturelle face à laquelle une relance traditionnelle pourrait remédier. Pour échapper à ce trou noir et dépasser cette crise, trois pistes : réhabiliter le travail, surtout le travail utile comme l’a montré l’urgence sanitaire ; instituer les communs, la santé arrachée à la logique du profit ; et socialiser la monnaie mise au service de la transition sociale et écologique. 

Pour Participer à la réunion Zoom, cliquez sur le lien ci-après (après vous être enregistré sur le logiciel zoom avec votre adresse électronique)

https://us02web.zoom.us/j/5981882757?pwd=jKAaRtyaWd2AZFvbGzHjZ4rfsLtUcA

ID de réunion : 598 188 2757 Code secret : 343062  Par téléphone : Trouvez votre numéro local : https://us02web.zoom.us/u/kdtR4EnyFd

Rappel : Les rencontres “Nouvelles Pensées Critiques et Actualités de Marx” 28 Contributions, 16 séances avec échanges avec les contributeurs.

Le deroulement des 13emes Rencontres_Marx_2020

Les participations et les résumés_2020

Le bureau

Vendredi 27 Novembre 2020, à 9h30 Conférence d’ouverture – Relance : comment faire et pour quelles finalités ?

Les Journées de l’Économie Autrement vous invite à son webinar

Conférence d’ouverture – Relance : comment faire et pour quelles finalités ?

Rendez-vous vendredi 27 Novembre 2020, à 9h30

pour le coup d’envoi des Journées de l’économie autrement. Ce débat sera animé par :

  • Aurore Lalucq
  • Timothée Duverger
  • Jerome Saddier

Table ronde numérique et totalement gratuite. Venez nombreux poser vos questions aux intervenants :

Conférence :

Face à un plongeon historique de l’activité économique, le gouvernement a mis sur la table 100 milliards d’euros. Sur le papier, cette somme peut paraître impressionnante et correspond à la perte de richesse de l’économie française du fait du confinement. Mais cela suffira-t-il à relancer la machine ? On peut en douter. Tout d’abord, le plan s’étale sur deux ans, et il aura du mal à monter en puissance. A court terme, les montants débloqués sont bien moins spectaculaires. Surtout, les entreprises vont recevoir des aides importantes mais sans contreparties, tandis que quasiment rien n’est fait pour aider les plus démunis. Enfin, le volet écologique du plan de relance n’est pas exempt de contradictions. Qu’est-ce qui a motivé le choix du gouvernement ? Quel impact cela aura-t-il sur l’activité ? Une autre relance est-elle possible ?

Animée parLaurent Jeanneau, directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques

Intervenant(e)s :

Timothée Duverger, maître de conférences associé à l’Institut d’études politiques de Bordeaux –Aurore Lalucq, cofondatrice de l’Institut Veblen – Jérôme Saddier, président d’ESS France, vice-président du Crédit coopératif

Inscription : Les Journées de l’économie Autrement . Conférence d’ouverture vendredi 27/11/2020 9h30 

https://app.livestorm.co/alternatives-economiques/conference-douverture-relance-comment-faire-et-pour-quelles-finalites?fbclid=IwAR2URVVtVhsn1cDcf0ERbzgPmTDWe9W0SlRQC1v_29Dtq7VW7X0-W2mHubc

Le bureau

webinaire jeudi 12 novembre 2020 16 h Observatoire ESS Nouvelle-Aquitaine

L’Observatoire de l’économie sociale et solidaire Nouvelle-Aquitaine vous propose :

un webinaire JEUDI 12 NOVEMBRE 2020 16 h,

pour accompagner la sortie de la nouvelle publication :

l’évolution de l’emploi ESS en Nouvelle-Aquitaine de 2010 à 2019
l’impact du premier confinement sur les structures de l’ESS
les monnaies locales avec la participation de Yannick Lung de la Chaire CRISALIDH (membre de l’association Le Café Economique de Pessac) https://crisalidh.u-bordeaux.fr/Communaute/Une-equipe/Yannick-Lung-i4410.html

Un partenariat de la Cress Nouvelle-Aquitaine, Le Mouvement associatif et Région Nouvelle-Aquitaine
➡️Inscription : https://huit.re/webcress
Le lien : http://www.cress-na.org/130779-2/

Prenez soin de vous !

Les membres du bureau

 

Evènement en ligne Mardi 10 novembre 18h “La dette où va-t-on ?”

Évènement en ligne Mardi 10 Novembre 2020  à 18 h
Thème : «La dette où va-t-on ?» 
Organisé par Amis du Monde diplomatique

Rencontre avec Renaud Lambert et Eric Toussaint :
– Renaud Lambert est journaliste et rédacteur en chef adjoint du Monde diplomatique, il a coordonné le numéro de Manière de Voir « Faut-il payer la dette ? » – n°173, octobre-novembre 2020.

– Éric Toussaint est historien, il est le porte-parole du CADTM (Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes), il a participé en particulier aux travaux de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque.

Avec nos intervenants, nous verrons comment les institutions financières internationales associées à la libéralisation des marchés financiers ont contribué à faire supporter par les États les charges d’un endettement qui n’est pas toujours légitime.

Dans le contexte de la crise du Covid, nous évoquerons enfin l’apparition de « l’argent magique » et de ses conséquences à venir…

Pour participer, connectez-vous surhttps://us02web.zoom.us/j/6670697544

ou directement dans votre navigateur (sans installer l’application Zoom)  https://us02web.zoom.us/wc/join/6670697544

ou par téléphone au : 07 70 95 01 03 ou 01 70 37 22 46

(ID : 667 069 7544) Au plaisir de nous revoir ! Prenez soin de vous !

Les membres de l’association Le Café Economique de Pessac

 

Mardi 20 octobre 20h30 Projection/Débat LES MEDIAS LE MONDE ET MOI

MARDI 20 OCTOBRE 2020  20h30 PROJECTION/DEBAT

LES MEDIAS LE MONDE ET MOI

Cette séance sera suivie d’un débat animé par la réalisatrice

Anne-Sophie Novel

Lieu : Cinéma Jean Eustache Pessac Centre,

Prix d’une place de cinéma

Genre : documentaire introspectif De Anne-Sophie Novel · Co-réalisé avec Flo Laval France· 2019 · 1h10

Fake News, infobésité, rejets des médias, défiance à l’égard des journalistes, etc. La presse a du plomb dans l’aile, et le public semble en avoir ras le bol des informations déversées du matin au soir sur les ondes. Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ? Est-il possible de renouveler le métier journalistique ? D’adopter une autre posture entre producteur et consommateur d’info ? A travers cette enquête, la réalisatrice, elle-même journaliste, partage son expérience, ses questionnements, et investigue les effets de la fabrique de l’information sur notre conception du monde.

 « Voilà un film solide mais non dépourvu d’humour, sorti il y a quelques mois mais qui, par les temps qui courent, ne peut pas faire de mal. […] Un film épatant qui cherche à redonner tout son sens au métier. »

Séance-débat en présence de la réalisatrice Anne-Sophie Novel, suivie d’une signature de son livre Les médias, le monde et nous (Actes Sud). En partenariat avec Le Café Économique de Pessac

  • Nous contacter :

    Direction de la Vie Associative et des Evènements Association Le Café Economique Villa Clément V 47, avenue Eugène et Marc Dulout 33600 Pessac Email : cafe_economique@hotmail.fr Association Loi 1901 n°préfecture W332002360